mercredi 30 mai 2007

Extrait

« Et puis, enfin, prendre le parti de la route contre celui du vol d’oiseau, choisir le savoir des chemins contre la frivolité de la pensée des surplombs, «chevauchant la ligne blanche en route – Kerouac encore – vers une destination inexistante», rouler, ne se laisser décourager ni par les supermarchés du sommeil que sont devenus les motels d’antan ni pas ces villages potemkinisés qui, de temps en temps, entre deux machines à nourrir franchisées, sont supposés réinjecter un peu d’humanité dans un espace sans qualités, dépersonnalisé, neutralisé, rouler encore, rouler toujours, n’est-ce pas voyager de la seule façon qui convienne à un écrivain : en flânant, en s’attardant, en allant à la fois quelque part et nulle part, en hésitant, en prenant le vent, en laissant venir à soi le hasard comme un petit enfant, en improvisant ? »

Bernard-Henri Lévy, American Vertigo, 2006.

vendredi 25 mai 2007

Du chaud à la chaude


Trois dans le bureau avec trois pc et trois écrans qui tournent. Trois cerveaux qui fonctionnent (en apparence en tout cas). Radio allumée et Eros R. en musique de fond. Fenêtre ouverte, bruit de la ville, circulation, klaxons, freins des bus.

J'essaie de me concentrer et de travailler sur les dossiers en cours, mais y'a pas moyen! Mes doigts collent sur le clavier... tiens le "r" vient de rester agrippé à mon doigt! Panne technique donc? Non... je cherche une excuse, c'est tout. Je tourne mon regard vers la fenêtre et mes pensées s'évadent...

Mmhhh, j'aurais envie d'être en petite tenue ou maillot de bain sur une chaise longue. Lunettes solaires sur les yeux, une légère brise qui me caresserait les jambes et deux mains masculines qui me masseraient doucement et m'appliqueraient de la crème solaire. La sensation d'une peau sur la mienne, de légers frissons qui parcoureraient mon dos. Envie d'échanger ces caresses, de parcourir à mon tour le corps de cet homme avec mes mains et le reste de mon corps. En arriver à s'enlacer langoureusement, à se tenir chaud mais quelle chaleur! Se regarder, pupilles dilatées, se sourire, puis lentement réunir ces deux bouches déjà entrouvertes, en attente de ce qui devait se produire. Premier mélange de fluide corporel en attendant la suite qui ne saurait tarder elle aussi...

P... de téléphone! Sa sonnerie me fait revenir à la réalité... je dois partir. Vite préparer les documents à prendre avec moi, un p'tit coup de parfum après toutes ces émotions, lunettes solaires - seul vestige de mes pensées passées - et loin pour trois jours.

jeudi 24 mai 2007

Charme numéro 5



Je l'avoue, j'ai à nouveau copié cayenne et don! Désolée, manque de créativité en ce moment. Je les ai donc parodiés et suis allée faire le test de numérologie que je vous livre ci-dessous. J'ai un peu écourté le truc, car certains passages étaient un peu long à mon goût.

Votre nombre d'expression, le 5, détermine votre nature cérébrale et nerveuse, votre dynamisme et votre capacité à échanger avec autrui. Vous êtes incontestablement douée du sens de l'adaptation et d'ouverture d'esprit. Vous avez besoin de mobilité et d'indépendance et vous refusez tout cloisonnement (vous évader, voyager, changer... autant de comportements aussi importants pour vous que boire et respirer!) À surveiller: Votre caractère versatile et vos sautes d'humeur fréquentes... Bref: Sachez profiter au mieux de votre charme et de vos talents de persuasion en surveillant votre tendance aux promesses faciles, au mensonge, à l'impulsivité, à l'instabilité et vous serez une femme comblée et équilibrée!
--> correspond assez à ce que je suis, sauf pour les promesses faciles et les mensonges! J'essaie d'être la plus sincère possible en toutes circonstances. Pour les sautes d'humeur, bên y'a juste à lire le titre de mon blog pour se rendre compte que "c'est pas faux".

Votre prénom, ******, caractérisé par le chiffre 3, dévoile comme principal trait de caractère, la créativité autant dans la vie quotidienne et dans la communication que sur le plan artistique. En tout cas, on ne s'ennuie pas avec vous! Vous êtes une ennemie de la routine, car vos solutions aux divers problèmes surprennent parfois par leur originalité... Et ça marche!
--> comme Cayenne et c'est pas tout faux!


Le nom dont vous avez hérité, ******, caractérisé quant à lui par le maître-nombre 2/11, est sans conteste à l'origine de votre attitude chaleureuse et de votre énergie, disons, «communicative». Ne cherchez plus la source de votre impatience et de votre besoin d'ascendance sur autrui... Elle est toute trouvée!
--> relativement correct.

Votre nombre intime, 1, renseigne sur la personnalité vécue de l'«intérieur», sur vos aspirations, vos motivations... Dans votre cas, vous aspirez clairement à vous réaliser par vous même, d'où votre créativité et votre sens du concept. Vous avez besoin de renouvellement dans vos objectifs et vous avez le désir et l'ambition de réussir. De plus, vous avez besoin d'une vie affective valorisante, voire brillante et une légère tendance à la domination dans le couple; en tous les cas, vous refusez catégoriquement la dépendance ou l'étouffement par l'autre.
--> relativement correct aussi... décidément!

Votre nombre de réalisation, le 4 révèle vos talents sur un plan matériel et/ou professionnel. Chez vous, il révèle le sens de l'ordre et de la méthode... Puissance de travail et concentration. Vous recherchez la sécurité dans la durée.
--> si j'arrive à me concentrer sur une chose, je suis trop "puissante" ;-) Mais encore faut-il que j'arrive à me concentrer sur une seule chose...

Votre nombre psychique, le 10, indique que vous êtes d'une nature riche et que avez de nombreux centres d'intérêt. Vous avez besoin de mobilité ou tout au moins de casser de temps à autres le rythme. Vous êtes rapide d'action et habile en différents domaines. Vous avez le sens des affaires. Revers de cette belle vitalité: vous êtes trop exigeante dans votre vie privée et votre désintérêt pour la vie domestique (voire familiale) n'arrange rien...
--> effectivement trop perfectionniste avec moi-même et malheureusement avec les autres. Ce qui fait que je suis parfois déçue. Mais je travaille là-dessus.

--> pas encore gagné... ça fait 5 fois que je publie ce post et suis toujours aussi mécontente des couleurs...

Vous avancez dans la vie dans la collaboration, en association ou en équipe. C'est ce que révèle en tout cas votre nombre d'évolution, le 2. Il confirme aussi votre sens de l'amitié, de l'alliance, de l'union. Vous avez de bonnes chances de mener des affaires prospères, à condition de trouver de bonnes relations car vous devez vous appuyer sur autrui pour atteindre vos objectifs élevés et vous devez parfois même vous mettre un peu en retrait pour ne pas forcer votre destin.
--> affaires prospères: mon oeil ou alors pas pour le moment! JF cherche désespérément quelqu'un avec qui monter une boîte... j'ai pas l'idée de base, mais l'énergie! Avis aux amateurs ;-)



Votre table d'inclusion: Nombres manquants: 2, 6, 7.

2: Le 2 en manque est à l'origine de vos difficultés relationnelles avec les proches (aussi bien dans votre vie privée que dans votre vie professionnelle). Peut-être souffrez-vous (ou avez-vous souffert) également de problèmes dans votre couple? Vous manquiez de confiance en votre partenaire? Votre susceptibilité, votre manque de patience et votre nervosité trouvent leur origine ici... Mais pas de panique: ça se travaille!
--> pas vrai du tout! Je proteste! Sauf pour la petite susceptibilité et l'impatience sur auxquelles j'essaie de remédier...

6: Ne cherchez plus l'origine de tout ce qu'on vous reproche en famille, elle se trouve dans ce malheureux 6 en manque! Cela se traduit chez vous par une exigence excessive à l'égard de vos proches, surtout lorsque vous êtes stressée. Si vous n'avez déjà commencé par vous-même, vous devez impérativement travailler sur votre refus de toute conciliation, histoire que vos proches vous trouvent vivable.
--> mais on me trouve vivable!! et même buvable et désirable... ou alors on me ment depuis le début.

7: Votre manque de 7 pourrait également se dire «Manque de confiance en soi»... Voici l'origine de vos peurs, de vos angoisses et de votre pessimisme. Vous souffrez souvent d'isolement car vous éprouvez des difficultés à comprendre autrui et parfois même à aimer la vie... Si vous n'avez déjà entamé un tel processus, il est grand temps de trouver un moyen de dépasser vos problèmes.
--> totalement incorrect. Si j'étais isolée, pessimiste et que je n'aimais pas la vie, je ne serais pas là avec vous en train d'écrire ces lignes.


Vous en savez donc un petit peu plus sur moi...

Cours

La vie suit son cours, la rivière et l’étudiant suivent leurs cours au fond de leur lit, le dollar et l’euro suivent leur cours respectifs et même dans la famille, beaucoup suivent des cours ! Pierino prend des cours de chant, Livfourmi des cours intensifs pour son prochain examen, Cayenne des cours de poker, Don suit les cours de la bourse et moi, et bien moi, je suis des cours de céramique !

La céramique… je sais que ça ne fait pas très smart voire même ring’, mais j’avais envie de développer mon côté créatif. Je suis tellement habituée, tous les jours, à ne finalement rien créer de tangible, que j’avais envie, une fois, de constater de mes propres yeux le résultat de mon travail ! C’est bête à dire, mais quand on travaille dans le tertiaire, on ne « construit » rien de physique, on ne voit donc jamais vraiment le résultat des heures que l’on consacre à accomplir telle ou telle chose.

J’ai déjà eu droit à des remarques du style « tu veux faire comme dans le film Ghost » (pourquoi pas ;-), « on fait de la céramique quand on s’ennuie dans sa vie amoureuse » (ah bon, c’est nouveau, et toi t’as pris des cours à l’école du rire ??). J’ai envie de répondre à celles et ceux qui pensent que c’est facile de créer ne serait-ce qu’un petit bol qu’ils se trompent ! Utiliser le tour de potier et réaliser une pièce qui, je cite, « tourne rond », ce n’est pas simple du tout ! C’est idiot de dire que cela doit tourner rond, mais pourtant c’est l’essentiel du truc ! Et je vous gage de tourner deux bols qui ont la même taille… après six mois, je fais le papa-bol, la maman-bol et le bébé-bol, mais je n’arrive pas à faire quatre papas-bols identiques ! C’est mon chat qui est content, il récupère tous mes ratés… pas d’bol !


Développer mon côté créatif… même le test de numérologie de Don me le disait ! J’ai donc pris de l’avance par rapport à ce test, mais je crois que j’aurais dû me contenter de faire de la photographie.

mercredi 23 mai 2007

Chaperon rouge rouge

Je reviens de mon sport du mercredi midi… et force est de constater que je suis aussi rouge que ma tenue ! Totalement camouflée si je passe devant un drapeau suisse, un feu rouge, le rideau d’une salle de spectacle, une méga publicité pour Coca-cola (pas light) ou encore un panneau « stop » ! Seuls mes blancs mollets – et oui, moi y en avoir plutôt le teint d’Europe de l’est, fille venue du froid mais sans les joues rouges de babouchka en temps normal – sont désormais visibles, n’en déplaise à certains.

Je suis un pauvre chaperon rouge rouge...

Rouge


J’ai décidé que le rouge ponctuerait ma journée. J’ai donc sorti ma petite robe rouge, mes petites chaussures rouges, mon petit sac à main rouge, mes boucles d’oreilles et ma bague rouges, et suis montée dans ma voiture… bleue. J’ai quand même, par-ci par-là, quelques touches de noir, visibles ou invisibles des autres, car je n’arrive malheureusement pas à faire sans… Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé !


En sortant de la maison, un léger courant d’air est venu s’immiscer entre mes cuisses lisses… quelle sensation de frais voire de frisquet. C’est qu’en mini string, j’ai peu de protection ! Mais en même temps, Monsieur Météo annonce 28° pour cet après-midi – n’en déplaise à certains ou certaines d’entre nous – et je me devais de sortir court vêtue pour ne pas avoir à me dénuder en cours de journée ! Un peu de décence dans ce monde de brutes, voyons !


J’espère qu’en ayant misé sur le rouge aujourd’hui, je ne vais pas aussi voir rouge ! J’ai une séance avec un certain H* qui a parfois l’art de me mettre hors de moi ou de me démoraliser… pour éviter de voir rouge, je vais peut-être devoir revêtir ma cape rouge révolutionnaire. Je verrai bien dans un quart d’heure. Suspense intense.

mardi 22 mai 2007

Gynocide

Je viens de terminer un article abordant le manque cruel de femmes en Asie – spécialement en Inde et en Chine – dû à l’élimination des nouveaux-nés de sexe féminin. Il manquerait en effet, aujourd’hui, au moins 100 millions de femmes en Asie et cela ne semble pas aller en s’améliorant.

On connaît la politique de l’enfant unique en Chine, qui pousse les familles de certaines régions – rurales notamment – à ne souhaiter qu’un garçon, pour que celui-ci puisse donner un coup de main aux travaux de la ferme et, en définitive, « rapporter » de l’argent. En Inde, le problème est autre. On souhaite des garçons car la famille n’aura nul besoin de payer de dot au moment du mariage, car le garçon perpétue le patronyme, s’occupe des parents lorsqu’ils sont âgés et héritent des terres.

Les infanticides pratiqués, déjà ignobles à l’époque, le sont encore maintenant. Ils sont de plus accélérés, ou facilités, par l’arrivée de l’échographie qui permet à la femme de connaître le sexe de son enfant, et lui donne ainsi la possibilité d’avorter si elle ne souhaite pas une fille.

Tout cela n’est qu’un problème économique me direz-vous. Eh bien pas vraiment ! A l’heure actuelle, le rejet des filles en Asie semble moins lié à la pauvreté, à l’analphabétisme et au sous-développement, qu’à la montée de la prospérité ! On observe en effet que ce sont les catégories qui bénéficient le plus du développement à deux chiffres – les classes moyennes émergentes – qui n’ont pas envie de voir leurs revenus et leurs biens récemment acquis s’évaporer dans des cérémonies de mariage et des dots coûteuses.

Si, en Suisse, on dénombre 947 filles pour 1000 garçons en 2001, on en compte, en Inde, entre 793 et 925 pour 1000 garçons selon les régions. La différence ne semble pas si importante, mais lorsqu’on sait qu’à la naissance, le nombre de filles est plus élevé que celui des garçons en Inde et que dans notre pays – ainsi que dans tous les pays dits développés – c’est l’inverse, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir de ces sociétés, caractérisées par un déficit de femmes inédit dans l’histoire de l’humanité.

Une note positive toutefois :
« Les filles, si on ne trouve pas chaussure à notre pied par ici, on peut donc toujours s’exiler en Asie ! »

Ref. « En Asie, le gynocide est encore aggravé par le développement », in Equilibres & populations, n° 99, juillet-septembre 2006.